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Les glissements en masse

Définition générale

Les glissements en masse, communément appelés glissements de terrain, correspondent au déplacement gravitaire d’une portion de versant le long d’une surface de rupture par cisaillement. Contrairement à la reptation ou à la solifluxion, ils impliquent des masses de terrain plus épaisses et plus cohérentes.

Leur ampleur est très variable : du glissement localisé de quelques mètres cubes jusqu’à l’instabilité catastrophique mobilisant plusieurs millions de mètres cubes.

Ces phénomènes concernent préférentiellement les substrats meubles ou plastiques : argiles, marnes, schistes altérés, flyschs, etc.

Le glissement de terrain de la Conchita (Californie)

Photo of 1995 landslide in La Conchita, California.

Morphologie des glissements

Types de surface de rupture :

Glissement plan et glissement rotationnel

Structure schématique d'un glissement

Caractéristiques morphologiques :

Tête d'un glissement de terrain

Tête d'un glissement de terrain

Comparaison : le glissement est analogue à une coulée de solifluxion mais affecte des épaisseurs plus importantes, et la dislocation est plus marquée.

Versant affecté par des glissements de terrain.

Causes principales d’instabilité

Trois facteurs majeurs interviennent, souvent combinés :

Affaiblissement du pied du versant

Exemple : un déblai, une fouille à la base du versant (on allège le ``pied'').

Le cas typique est l'élargissement d'une route en bas de pente, en déblayant quelques mètres de terrains en bas de pente. Ceci est suffisant pour provoquer un glissement de plusieurs milliers de mètres cubes, de volume sans aucune mesure avec le volume initialement déplacé.

Surcharge en tête de versant

Par exemple, en construisant un bâtiment en haut d'une pente, on ajoute une masse, qui modifie l'équilibre du versant.

Rôle déterminant de l’eau

Plus la pression hydrostatique est forte, plus la résistance au cisaillement de la formation est diminuée. Des précipitations exceptionnelles et un mauvais drainage constituent alors des facteurs favorisant les glissements de terrain. C'est la cause la plus fréquente des glissements de terrain. De fortes précipitations sur plusieurs jours provoquent l'infiltration et la montée en charge des eaux interstitielles. Les quantités d'eau imbibées dans le sédiment augmentent, par ailleurs, le poids du versant. Les exemples sont extrêmement nombreux dans l'actualité.

C'est un problème particulièrement sensible lors des aménagements routiers. Il faut savoir qu'une route pertube toujours le drainage naturel d'une pente, et il nécessaire de prévoir des dispositifs assurant le bon écoulement et drainage des eaux.

Les glissements peuvent aussi être induits par des facteurs ponctuels : séismes, vibrations, explosions, fonte rapide de neige, etc.

Études de cas

Le glissement des Eaux-Bonnes (1982)

Voir la fiche sur ce sujet.

Le glissement des Ruines de Séchilienne

Voir la fiche sur ce sujet.

Le glissement de la Clapière

Voir la fiche sur ce sujet.

Prévention et lutte contre les glissements

La stabilisation vise à restaurer l’équilibre mécanique du versant en agissant sur les facteurs de déstabilisation :

Décharger la tête :

Surcharger le pied :

Voir la fiche sur ce sujet.

Construction d’ouvrages de soutènement :

Pour surcharger le pied, on installe des charges en aval. Cela sera notamment des murs en T renversé, composés d'une paroi verticale et d'une semelle, plus stables qu'un mur banal. De nombreuses variantes à ce dispositif classique existent: murs à bêches, murs à contreforts, murs ancrés (murs à dalle d'ancrage, murs à dalle de frottement, mur échelle système Coyne, ...). La stabilité pourra être assurée aussi par des murs-poids .

Murs en T et Murs ancrés

Murs-poids

Gabions

Pour des dénivelés limités, on utilise des gabions, qui sont des cubes remplies de terre.

Murs Peller et murs Armco

Pour des dénivelés de plus grande hauteur, on emploie des murs caissons (exemple: murs Peller, constitués de poutrelles en béton armé disposées en cousson à claire-voie et remplis par un matériel sablo-graveleux ou les murs Armco, constituées de caisses métalliques à éléments de tôles pliés galvanisés).

Exemple

Assurer un drainage efficace (priorité absolue) :

Exemple

Tout aménagement doit impérativement prendre en compte la circulation des eaux : une route, un mur ou une construction peuvent concentrer ou bloquer les flux d’eau et déclencher l’instabilité.

Points clés à retenir