Le glissement des Eaux-Bonnes
Résumé
Le glissement de terrain des Eaux-Bonnes, également connu sous le nom de glissement de Pleysse, est le plus grand glissement actif des Pyrénées occidentales.
Cet événement majeur, qui a débuté le 20 août 1982 et s'est arrêté en mars 1983 après un déplacement de 130 mètres, a provoqué d'importants dégâts matériels.
Plusieurs facteurs ont conduit au déclenchement du glissement.
- Les conditions géologiques locales,
- les épisodes de précipitations exceptionnelles
- des circulations d’eaux souterraines profondes et qui saturent la base du versant.
Vue d'ensemble du glissement
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Coupe du versant
Carte géologique de la zone
Vue sur Géoportail
Cinétique du mouvement
- Le recul du glissement a été rapide et au moment de la phase paroxysmale (20 août 1982) il a atteint une vitesse d’environ 3m/jour.
- Décélération brutale, avec deux courtes accélérations (21 septembre et 11 novembre 1982).
- Arrêt en mars 1983 après environ 130 m.
Facteurs déclenchants
On est dans une zone sismique avec des petits séismes fréquents. Aucun tremblement de terre n'a précédé la phase paroxysmale.
Pas de pluies pendant les quinze jours précédant le début du glissement, mais des pluies abondantes en 1981 et 1982. Les eaux météoriques ont infiltré les schistes dévoniens fracturés et ont pu contribuer à l’augmentation de la pression interstitielle au niveau des fractures pré-existantes.
cinq sources au niveau du glissement.
Trois directions de fracturation majeures délimitant un polyèdre de rupture.
La circulation du ruisseau du Cély à la base du glissement : le Cély a potentiellement eu une influence néfaste sur la stabilité du versant car, avant 1982, il avait développé un important canyon d’environ 20 m de profondeur à la base du versant des Eaux-Bonnes.
Application de la méthode des dièdres
Principe général
La méthode des dièdres (ou wedge method en anglais) est utilisée pour déterminer si des plans de discontinuités (diaclases, failles, schistosité, plans de stratification) peuvent provoquer un glissement ou un décrochement dans un versant rocheux.
On considère deux éléments :
- L’orientation du versant (direction et pendage du talus).
- L’orientation des discontinuités (plans ou familles de plans repérés sur le terrain).
Quand deux familles de discontinuités se croisent, elles peuvent former un dièdre (ou coin rocheux). Ce coin peut être instable si la ligne d’intersection formée par ces deux plans :
- est orientée vers l’extérieur du versant,
- et présente un pendage plus fort que l’angle de frottement interne des matériaux.
La démarche
- Mesurer les discontinuités : sur le terrain, on relève l’azimut (direction) et le pendage des plans rocheux.
- Reporter sur un stéréonet (Wulff) :
- Chaque plan est représenté par son grand cercle.
- L’intersection de deux plans donne une ligne d’intersection (vecteur du dièdre).
- Tracer le grand cercle du talus : on reporte l’orientation du versant sur le même stéréonet.
- Analyser la position de l’intersection :
- Si la ligne d’intersection sort dans le secteur du talus et plonge vers l’extérieur, un glissement en coin est possible.
- Si elle plonge moins que l’angle de frottement interne, le coin est stable.
- Si elle plonge davantage → risque de glissement.
Conditions d’instabilité
Un glissement par dièdre est possible si :
- La ligne d’intersection des deux plans de discontinuité est orientée dans la direction du versant.
- Son pendage est supérieur à l’angle de frottement du matériau.
- Elle n’est pas bloquée par une troisième discontinuité ou un relief.
En résumé : la méthode des dièdres est un outil graphique (souvent avec un stéréonet) qui permet de tester rapidement si les discontinuités d’un massif rocheux peuvent générer un glissement en coin dans la direction du versant.
Application
Les plans de faille en question sont les suivants:
- N10°E 60°W (plan 1)
- N150°E 75°SW (plan 2)
- N60°E 60°SE 60°SE (plan 3)
La méthode montre que :
- ces trois plans ont des pendages bien supérieurs à l'angle de frottement interne (35°)
- la ligne d'intersection plan 1 - plan 3 pend vers le SW avec un angle inférieur à la pente du versant. Le coin peut donc glisser dans cette direction, car il n'est retenu ni par le plan 2, ni par le plan 3.
- la ligne d'intersection plan 1 - plan 2 plonge vers le nord, c'est-à-dire vers l'interieur du versant, donc là, pas de risque.
- la ligne d'intersection plan 2 - plan 3 plonge vers le SE, mais elle a un plongement légèrement plus fort que le versant
Application de la méthode des dièdres
Sources