↑ Page supérieure → Page suivante

Gypse, dissolutions et effondrements

1. Définition et formation du gypse

Minéralogie

Processus de formation

Pétrologie

Gypse albastroïde.

Gypse en fer de lance.

2. La dissolution du gypse

II. De la dissolution aux désordres de surface

1. Dissolution et formation des vides

Un vide se crée lorsque le gypse est en contact avec de l'eau sous-saturée et que son écoulement est suffisant pour éviter l'équilibre chimique.

Dans un premier temps, cette dissolution partielle va déstructurer le matériau en accroissant sa porosité et en fragilisant sa cohésion.

Puis des cavités vont se développer.

Dissolution d'une lentille de gypse par l'eau sous-saturée d'un aquifère. Formation d'une cavité.

Développement d'une cavité dans une couche de gypse par infiltrations d'eaux sous-saturées de la nappe phréatique supérieure circulant le long d'une faille.

2. Mécanismes de déstabilisation et propagation

Une cavité s'effondre lorsqu'elle acquiert une taille critique, au-delà laquelle au-delà de laquelle le poids des terrains sus-jacents excède la résistance mécanique du toit et des parois.

Cette déstabilisation peut apparaître de deux manières principales :

Les infiltrations d’eau le long de la discontinuité lessivent les matériaux qui colmataient la cavité (décolmatage). L’agrandissement progressif du vide franc conduit alors à l’affaissement du terrain en surface ou à la formation d’un fontis.

3. Propagation du vide jusqu'à la surface

Effondrements et Affaissements

Les phénomènes de déstabilisation des terrains peuvent se manifester en surface sous deux formes principales, les effondrements localisés (fontis) et les affaissements.

La différence essentielle entre effondrements et affaissements réside donc dans la vitesse du mouvement et le degré de rupture, allant du spectaculaire effondrement brutal au tassement discret mais continu.

Affaissement

Affaissement dans le cas d'une fine couche de gypse surmonté par une épaisse couche se déformant facilement.

Auto-comblement ou accélération: le rôle de l'eau dans le foisonnement

Une fois le vide créé et la déstabilisation initiée, la propagation vers la surface se produit si l'espace disponible est suffisant pour l'accumulation des matériaux éboulés sans auto-comblement.

Ces matériaux éboulés vont foisonner. Le foisonnement désigne l’augmentation de volume d’un sol ou d’un terrain meuble après sa mise en mouvement ou sa déstructuration (par exemple après un effondrement, une excavation ou une dissolution).

L'eau joue un rôle important dans la place prise par ces matériaux éboulés.

Quand ces terrains sont secs, ils se fragmentent en éléments meubles qui conservent une certaine porosité : le foisonnement est élevé et le volume occupé après l’effondrement reste relativement important. Cela peut limiter la remontée de la cavité (le fontis) jusqu’à la surface, car les matériaux « s’empilent » et colmatent en partie le vide.

En revanche, lorsque les terrains sont imprégnés d’eau, leur structure se tasse davantage : les grains se réarrangent, les vides se ferment partiellement et le coefficient de foisonnement diminue. Le volume après réorganisation est alors plus faible, ce qui laisse davantage d’espace disponible pour que le fontis puisse se propager vers le haut. C’est pourquoi la présence d’une nappe phréatique ou d’eau de percolation augmente le risque d’apparition de fontis en surface.

Le cône d'influence de la cavité

La remontée du vide jusqu’à la surface peut être accélérée lorsque, au cours de son développement, le cône d’influence de la cavité rompt la couche imperméable qui sépare deux nappes. Cela met alors en communication deux systèmes aquifères distincts. Une fois cette barrière franchie par l’effondrement, la différence de pression entre les nappes entraîne des phénomènes d’érosion et de suffosion.

Explication.

Dans un terrain gypseux ou karstique, le vide créé par dissolution tend à se propager vers la surface sous forme d’un cône d’effondrement. Si ce cône traverse une couche imperméable, il relie directement deux nappes auparavant indépendantes. Comme ces nappes ont généralement des pressions hydrauliques différentes, l’eau circule brutalement de l’une vers l’autre. Ce flux rapide mobilise les particules fines, les arrache et les entraîne, provoquant des phénomènes d’érosion interne (suffosion). Ces mécanismes fragilisent encore le terrain, élargissent le vide initial et accélèrent la remontée de l’effondrement vers la surface, pouvant aboutir à la formation d’un fontis.

La cavité créée dans le banc gypseux a induit l'effondrement partiel de la couche sus-jacente. Ses matériaux se sont accumulées dans la cavité et ont foisonné.

La rupture s’est propagée vers le haut, traversant la couche imperméable qui isolait la cavité de la nappe phréatique supérieure. L’eau de cette nappe s’infiltre désormais, accentuant la suffosion des particules fines et la dissolution du gypse.

La rupture a atteint la surface, formant un fontis inondé par la nappe phréatique supérieure. Le fond du fontis se colmate partiellement par accumulation de particules fines, mais le phénomène reste actif, la suffosion et la dissolution du gypse se poursuivant.

Exemple de fontis

Exemple de fontis

Exemple d'effondrement

3. Identifier les zones à risque

L’identification des zones à risque de formation de cavités gypseuses repose principalement sur deux critères.

La combinaison de ces deux facteurs – disponibilité du gypse et intensité des processus de dissolution par l’eau – permet de délimiter les secteurs où le risque de cavités est le plus élevé.

La zone en rouge sur ce schéma est une zone à risque important, car elle concerne une masse importante de gypse attaquée par des infiltrations d'eaux sous-saturées en ions sulfates et calcium.

Sources