Les basaltes demi-deuil (oß) de la Banne d'Ordanche cartographiés en bleu foncé sur la feuille de Bourg-Lastic.
Basalte demi-deuil de la Banne d'Ordanche
Le terme « basalte demi-deuil » est une appellation descriptive locale, aujourd’hui peu utilisée dans les classifications internationales. Il fait référence à l’aspect visuel de la roche :
L’alternance clair / sombre donne un aspect “noir et blanc”, d’où le nom imagé de *demi-deuil* (ni entièrement sombre, ni clair).
Ce terme ne définit pas une composition chimique spécifique, mais une texture et une minéralogie particulières.
Ces basaltes présentent une structure doléritique, caractérisée par :
Cette structure indique une cristallisation à basse pression, généralement :
Le point clé est que les plagioclases cristallisent avant les pyroxènes, ce qui est typique :
Le terme « doléritique » est utilisé ici au sens génétique et structural, et non textural.
Dans la notice « structure doléritique » ne signifie pas « roche fine à microlites », mais : ordre de cristallisation et relations géométriques entre plagioclase et pyroxène.
> Les basaltes demi-deuil du Mont-Dore sont très fortement porphyriques, mais conservent une organisation doléritique au sens génétique, car les plagioclases cristallisent avant les pyroxènes poecilitiques dans un contexte subvolcanique à basse pression.
Avec un vocabulaire moderne, on dirait plutôt :
> Basalte très fortement porphyrique à structure doléritique,
> ou
> Basalte subvolcanique à texture porphyrique et organisation doléritique.
Mais historiquement, dans les notices du Mont-Dore :
Pourquoi ces gros cristaux existent malgré un contexte volcanique ?
La clé est ici temps de résidence magmatique longCe sont des coulées cristallines, pas des coulées de lave fraîchement nucléées.
Certains basaltes associés sont :
Ils sont donc dits « à tendance demi-deuil » : ils représentent un continuum textural entre basalte classique et basalte demi-deuil typique.
Extrait de la notice
Tous ces basaltes appartiennent à :
Il s’agit d’une phase de volcanisme effusif important, produisant de longues coulées basaltiques.
Les basaltes demi-deuil de la Banne d’Ordanche sont pris comme types car :
Cela traduit :
Extrait de la notice
L’ordre de cristallisation est le suivant :
La texture poecilitique indique que le pyroxène cristallise tardivement et englobe les lattes de plagioclase déjà formées.
La pâte interstitielle, très réduite, correspond au liquide résiduel enrichi en :
Cela reflète une différenciation avancée dans un magma initialement basaltique.
Les coulées demi-deuil :
Malgré leur extension, elles affleurent mal :
Les basaltes demi-deuil sont des basaltes à structure doléritique, définis historiquement dans le massif du Mont-Dore. Leur nom provient du contraste visuel marqué entre :
Il s’agit d’un terme descriptif local, sans valeur normative en classification moderne.
Ces basaltes témoignent d’un magmatisme relativement stable, avec stockage préalable en réservoir peu profond.
La structure doléritique est caractérisée par :
Elle indique un magma :
| Stade | Minéraux |
|---|---|
| Précoce | Titano-magnétite |
| Précoce | Olivine (Fo72–69), souvent iddingsitisée |
| Intermédiaire | Plagioclase (An71–60) |
| Tardif | Clinopyroxène poecilitique |
| Résiduel | Ilménite, sanidine, anorthose |
La pâte représente le liquide résiduel enrichi :
Cela traduit une différenciation magmatique poussée, malgré une composition globale basaltique.
Les coulées demi-deuil :
Les basaltes demi-deuil illustrent :
Les basaltes demi-deuil constituent un excellent exemple de basaltes intraplaques cristallisés à faible profondeur, dont la pétrographie enregistre à la fois l’histoire de la chambre magmatique et les conditions de mise en place des coulées du Mont-Dore.