Le détroit de Sicile
Atmaoui cherche à démontrer que des bassins pull-apart peuvent se former par un mécanisme de type Riedel, à toutes les échelles, depuis quelques centimètres jusqu’à plusieurs kilomètres, dans un contexte de décrochement dextre régional actif.
Gozo (Malte) est utilisé comme analogue naturel, extrêmement bien exposé, d’un système de cisaillement lithosphérique transtensif.
Le détroit de Sicile: interprétation géodynamique
C’est très comparable au CSA :
Atmaoui montre que :
peuvent coexister dans le même système de cisaillement.
Cela démolit l’idée
Exactement ce que l'on observe :
Les structures observées :
C’est un système auto-entretenu.
Fig. 25 de la thèse d'Atmaoui
La forme du bassin nous renseigne sur :
Dans notre cas :
Atmaoui insiste sur :
Nous avons ici une clé majeure pour expliquer :
Traduction scientifique implicite :
Les exemples naturels du détroit de Sicile montrent que les bassins pull-apart peuvent être bordés aussi bien par des failles normales que par des failles décrochantes, ce qui traduit un régime tectonique transtentif associé à des zones de cisaillement actif. Les études menées sur l’île de Gozo mettent en évidence une forte similarité géométrique des structures à différentes échelles, depuis l’affleurement jusqu’à l’échelle kilométrique. Cette auto-similarité, confirmée par des analyses fractales, suggère que les mêmes mécanismes de déformation opèrent de manière répétitive, indépendamment de l’échelle considérée.
Dans le rift plio-quaternaire du détroit de Sicile, les zones de décrochement sont interprétées comme le résultat de la réactivation de grandes failles profondes orientées E–W à WNW–ESE. Ces structures héritées propagent la déformation vers la couverture sédimentaire sus-jacente, où elles contrôlent l’initiation et l’évolution des bassins pull-apart. Dans cette perspective, les expériences analogiques basées sur un mécanisme de type Riedel constituent un outil pertinent pour comprendre la géométrie et la cinématique observées dans la nature.
Les expériences d’Atmaoui montrent que les premières structures à se former sont des cisaillements de Riedel et de Riedel conjugués, organisés en échelons. Dans les exemples naturels, ces structures correspondent aux failles décrochantes synthétiques et antithétiques observées dans les zones de cisaillement actives. Contrairement à certains modèles expérimentaux antérieurs, aucune fracture d’extension n’apparaît initialement dans ces expériences, alors que de telles fractures sont décrites précocement sur le terrain, notamment à Gozo.
À un stade ultérieur de la déformation, des cisaillements de type Y et P, subparallèles à la zone de déplacement principal, se développent. Ces structures jouent un rôle clé car elles transfèrent le mouvement décrochant vers des segments E–W continus. Ce transfert cinématique provoque l’écartement progressif des structures de première génération, créant ainsi des bassins pull-apart. Cette évolution explique pourquoi les failles bordières des bassins présentent une composante décrochante marquée, associée à une composante normale.
Un argument fondamental en faveur d’un contrôle décrochant est l’angle faible entre l’axe longitudinal des bassins et la faille principale E–W, de l’ordre de 20 à 25°. Un tel angle est incompatible avec une genèse purement extensive, pour laquelle on attendrait un angle proche de 40° entre les failles normales et la direction d’allongement. Cette géométrie confirme que les bassins sont le produit d’un régime transtentif dominé par le cisaillement horizontal.
À plus grande échelle, deux modèles tectoniques ont été proposés pour expliquer l’évolution du rift du détroit de Sicile, principalement différenciés par l’orientation supposée de la contrainte horizontale maximale σH. Toutefois, ces modèles prennent insuffisamment en compte la composante décrochante observée le long des failles bordières et l’orientation allongée des bassins.
Les expériences de type Riedel proposées par Atmaoui offrent une interprétation intermédiaire et plus cohérente. En supposant une contrainte σH orientée à environ 45° par rapport à des zones de déplacement principal décrochantes E–W profondes, l’ensemble des directions structurales observées dans le rift plio-quaternaire peut être reproduit. Dans ce cadre, les failles bordant les bassins sont interprétées comme des cisaillements de Riedel obliques, combinant décrochement dextre et extension.
Les expériences montrent que les cisaillements de Riedel initiaux se forment avec un angle faible par rapport à la zone de déplacement principal, mais qu’ils subissent ensuite une rotation horaire progressive. Sur le terrain, les failles bordières des grands bassins présentent des angles plus élevés, jusqu’à 40°, ce qui suggère que les rotations tectoniques jouent un rôle majeur à l’échelle naturelle. Ces observations sont cohérentes avec les rotations de l’ordre de 20° décrites le long de la faille sud de Gozo.
Les bassins pull-apart naturels présentent souvent une histoire complexe, combinant plusieurs mécanismes successifs ou imbriqués. Le mécanisme de type Riedel peut néanmoins être reconnu sur le terrain à partir de critères structuraux précis.
Les expériences analogiques montrent que la longueur d’un bassin pull-apart ne reflète pas directement le déplacement horizontal total le long de la zone de cisaillement. Une part significative du déplacement est d’abord accommodée par les cisaillements de Riedel avant même la formation effective du bassin. Ainsi, utiliser la longueur d’un bassin pour estimer le rejet décrochant conduit à une sous-estimation du déplacement réel.
Cette conclusion remet en question une hypothèse couramment utilisée en tectonique cassante et montre que les bassins pull-apart sont des structures composites, héritant d’une phase précoce de cisaillement diffus avant la localisation de l’extension. Elle est particulièrement importante pour l’interprétation des bassins transtensifs kilométriques, comme ceux observés dans le détroit de Sicile ou dans d’autres grands systèmes décrochants actifs.
Comment se développent les bassins pull-apart selon la thèse d'Atmaoui.