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Les ankaramites: amphiboles et dégazage de la chambre magmatique

Expliquer ce paragraphe.

Extrait de la notice de la feuille de Bourg-Lastic (1/50 000°)

Voici une explication pas à pas, en reformulant les idées sans changer le sens pétrologique.

1. « relevant essentiellement du second cycle […] et plus rarement du dernier »

Le texte situe d’abord ces ankaramites dans le temps et dans l’histoire volcanique de la région étudiée (Massif central, Banne d’Ordanche).

Cela indique que :

2. « contiennent en paragenèse phénocristalline d'abondants cristaux de pyroxène »

Paragenèse phénocristalline = assemblage des minéraux cristallisés en premier, visibles à l’œil ou au microscope.

Dans ces ankaramites :

Cela reflète :

3. « et, en moindre quantité, d'olivine et de titano-magnétite »

Les autres phénocristaux présents sont :

Cet assemblage (pyroxène > olivine > oxydes) est :

4. « Quelques unes d'entre elles contiennent aussi d'abondants phénocristaux de kaersutite »

Kaersutite = amphibole riche en Ti, hydratée.

Sa présence indique que :

La kaersutite ne cristallise pas :

5. « dont le cœur, acquis dans la chambre magmatique, a seul été préservé »

Lors d'une première vidange partielle de la chambre magmatique

La kaersutite devient alors instable.

Seul le cœur du cristal, formé :

a survécu.

6. « dans les niveaux peu profonds, pauvres en eau »

Près de la surface, le magma est :

Conditions défavorables à la stabilité de l’amphibole.

7. « une gaine réactionnelle à pyroxène et magnétite se forme alors »

La kaersutite réagit avec le liquide magmatique :

C’est une texture réactionnelle classique, très bien connue en pétrologie basaltique.

8. Point clé : la kaersutite comme marqueur d’un état antérieur de la chambre

La kaersutite est :

Sa présence implique nécessairement :

Le fait que seul le cœur des cristaux soit préservé indique que :

a. Déstabilisation = conséquence d’une première vidange

Le modèle est donc le suivant :

  1. Chambre magmatique initiale
    • Magma basaltique hydraté
    • Cristallisation de kaersutite en profondeur
  2. Première vidange / première éruption
    • Décompression brutale
    • Dégazage massif
    • Perte d’H₂O dissoute dans la chambre

La gaine réactionnelle pyroxène + magnétite traduit alors :

b. Le magma ankaramitique arrive ensuite

Après cette première éruption, le magma résiduel est :

La seconde phase éruptive :

La kaersutite observée dans l’ankaramite est donc :

9. Synthèse en une phrase

> Les ankaramites décrites sont des produits volcaniques basiques, dominés par des phénocristaux de pyroxène, issus de magmas stockés en chambre magmatique ; la présence occasionnelle de kaersutite témoigne d’un magma initialement hydraté, dont l’amphibole devient instable et se transforme en une couronne réactionnelle de pyroxène et de magnétite lors d'une première vidange éruptive de la chambre magmatique.

Hornblende à couronne opaque d'oxydes (andesite, Bulgarie ; LPNA, ×2 ; champ = 7 mm). La couronne réactionnelle (oxydes Fe-Ti ) traduit la déstabilisation d’une amphibole hydratée après décompression et dégazage du réservoir magmatique, interprétée comme la conséquence d’une première phase de vidange, antérieure à l’émission de magmas plus secs et cumulatiques (ankaramitiques).

10. Pourquoi les pyroxènes ne sont-ils pas visibles dans l'auréole ?

a) c'est parce qu'ils sont trop petits

Dans une auréole réactionnelle d'oxydes, les produits de réaction sont :

En LPNA, ce sont surtout les magnétites / ilménites noires qui sautent aux yeux.

Les pyroxènes :

On les identifie :

b) Ce qui se passe réellement (mécanisme physique)

État initial

Événement déclencheur

Décompression rapide + dégazage (ex. première vidange de la chambre)

Conséquences immédiates :

L’amphibole ne peut pas rester telle quelle.

Ce que fait le cristal

L’amphibole :

Elle se rééquilibre localement avec le liquide magmatique.

La réaction se fait :

Résultat :

c) Pourquoi les produits sont pyroxène + oxydes ?

L’amphibole contient :

Quand l’eau devient instable :

Les éléments se redistribuent vers :

Le pyroxène est le substitut anhydre naturel de l’amphibole.

d) Réaction chimique type (simplifiée)

On ne peut pas écrire une réaction unique exacte (trop complexe), mais une réaction pétrologique raisonnable est (exemple schématique: hornblende → augite) :

Hornblende + O₂ → Clinopyroxène + Magnétite + H₂O (fluide)

Ca₂(Mg,Fe,Al)₅(Si,Al)₈O₂₂(OH)₂ → Ca(Mg,Fe)Si₂O₆ + Fe₃O₄ + SiO₂ + H₂O

À lire comme rééquilibrage local, pas stœchiométrie stricte.

e) La réaction est-elle rapide ?

Oui — très rapide à l’échelle géologique.

Ordres de grandeur issus d’études expérimentales et naturelles :

ContexteTemps estimé
Décompression rapide (éruption) heures à jours
Stockage superficiel jours à semaines
Chambres peu profondes actives < 1 an

Les auréoles réactionnelles à oxydes sont des marqueurs cinétiques :

C’est pour cela qu’elles sont si importantes dans les interprétations de *premières vidanges*.

f) Pourquoi le cœur est préservé ?

Si l’éruption suit rapidement :

g) En une phrase

> Une auréole réactionnelle autour d’une amphibole traduit un changement brutal des conditions physico-chimiques (décompression, dégazage) ; la réaction, rapide (heures à semaines), transforme la bordure du cristal en phases anhydres fines (pyroxène ± oxydes), tandis que le cœur conserve la signature du magma hydraté initial.