Les ankaramites
Ankaramite du Massif Central
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L’ankaramite est une roche volcanique basique, appartenant à la famille des basaltes, mais avec une composition minéralogique et chimique particulière.
Définition
L’ankaramite est un basalte très riche en minéraux ferromagnésiens, caractérisé par :
- une forte teneur en olivine,
- des pyroxènes calciques abondants (souvent augite),
- une faible proportion de feldspaths par rapport aux basaltes “classiques”.
On parle parfois de basalte ankaramitique.
Composition minéralogique
- Olivine (souvent abondante, parfois cumulatique)
- Clinopyroxène (augite) en gros cristaux
- Plagioclase peu abondant ou tardif
- Accessoires possibles : oxydes de fer-titane
Texture fréquente :
- porphyrique à cumulatique (cristaux d’olivine et de pyroxène accumulés)
Composition chimique
- Basique à ultrabasique
- MgO élevé
- Teneurs élevées en Fe, Ca
- Pauvre en SiO₂ et en alcalins par rapport aux basaltes alcalins classiques
Genèse
L’ankaramite se forme à partir de :
- magmas mantelliques primitifs, très peu différenciés,
- avec accumulation de cristaux précoces (olivine + pyroxène) dans la lave ou dans un réservoir magmatique peu profond.
Elle est souvent associée à :
- des contextes intraplaques ou rifts,
- des séries basaltiques alcalines à transitionnelles.
Contextes géodynamiques
On rencontre des ankaramites :
- dans certains édifices volcaniques océaniques,
- dans des îles volcaniques (ex. Hawaï, certaines îles de l’océan Indien),
- plus rarement dans des contextes continentaux.
Le terme vient initialement du mont Ankaratra (Madagascar).
Différence avec un basalte classique
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Basalte | Ankaramite |
|
Plagioclase abondant | Olivine + pyroxène dominants |
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MgO modéré | MgO élevé |
|
Magma plus différencié | Magma primitif / cumulatique |
Intérêt scientifique
- Indicateur de magmas mantelliques peu évolués
- Témoignage des conditions de fusion partielle du manteau
- Utile pour étudier la dynamique des chambres magmatiques
Question: est-ce qu'une ankaramite est le signe d'un taux de fusion partielle élevée ?
1. Indices d’un fort degré de fusion
Les ankaramites présentent :
- MgO élevé
- Olivine + clinopyroxène abondants
- Pauvreté relative en éléments incompatibles
Ces caractéristiques sont compatibles avec :
- une fusion partielle assez élevée du manteau
typiquement ≈ 15–25 %, parfois plus.
À faible taux de fusion (5–10 %) :
- on produit plutôt des basanites, néphélinites, riches en éléments incompatibles,
- ce qui n’est pas la signature chimique dominante des ankaramites.
2. Nuance essentielle : le rôle de l’accumulation cristalline
Mais attention :
le MgO élevé d’une ankaramite n’implique pas automatiquement un très fort taux de fusion.
Souvent :
- le magma parental est basaltique primitif,
- puis il subit une accumulation d’olivine et de clinopyroxène (texture cumulatique),
- ce qui augmente artificiellement le MgO de la roche finale.
Dans ce cas :
- le taux de fusion du manteau peut être modéré (10–15 %),
- mais la roche observée est enrichie en phases mantelliques.
3. Schéma simplifié
- Manteau lherzolitique
- ↓ fusion partielle (10–25 %)
- Magma basaltique primitif
- ↓ accumulation olivine + cpx
- Ankaramite
4. Comparaison utile
|
Roche | Taux de fusion typique |
|
Néphélinite | 1–5 % |
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Basanite | 5–10 % |
|
Basalte alcalin | 10–15 % |
|
Ankaramite | 10–25 % (selon cumul) |
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Picrite | >20–30 % |
5. Conclusion
- Oui, les ankaramites sont cohérentes avec des taux de fusion partielle relativement élevés,
- mais leur signature très magnésienne est souvent amplifiée par des processus cumulatiques,
- ce qui empêche d’en déduire directement le taux de fusion sans étude géochimique détaillée (REE, Ni, Cr, Mg#).
Question: est-ce qu'une ankaramite indique une vidange de la partie basale d'une chambre magmatique alimentée par un magma basaltique ?
Oui — c’est une interprétation tout à fait cohérente, et même classique pour les ankaramites. À condition de bien préciser le scénario pétrologique.
1. Le modèle de la vidange basale : très plausible
Dans une
chambre magmatique basaltique peu différenciée :
- Le magma parental arrive chaud et magnésien
- Les premières phases à cristalliser sont :
- olivine
- clinopyroxène
- Ces minéraux sédimentent vers la base de la chambre
- → formation d’un cumulat riche en ol + cpx
La partie basale devient :
- plus dense
- plus magnésienne
- appauvrie en liquide intercumulus riche en plagioclase
2. Vidange préférentielle de la base
Si une éruption :
- se déclenche rapidement,
- ou est alimentée par une fracturation basale du réservoir,
alors :
- la vidange partielle de la zone basale est possible,
- le magma émis est chargé en cristaux cumulatiques.
Le produit émis en surface est une lave ankaramitique.
3. Signatures pétrologiques attendues (et observées)
Ce modèle explique très bien :
Textures
- Texture cumulatique
- Phénocristaux abondants d’olivine et d’augite
- Plagioclase :
- rare
- tardif
- souvent microlitique
Géochimie
- MgO élevé
- Ni et Cr élevés (signature mantellique / cumulatique)
- CaO/Al₂O₃ élevé
- Pas d’enrichissement marqué en éléments incompatibles
(contrairement à une faible fusion partielle)
4. Différence avec une vraie picrite
|
Ankaramite (vidange basale) | Picrite |
|
MgO élevé par cumul | MgO élevé par magma primaire |
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Signatures cumulatiques | Signature mantellique directe |
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Chambre magmatique impliquée | Remontée rapide, peu stockée |
L’ankaramite est donc souvent un produit de dynamique de chambre,
plus qu’un reflet direct du
taux de fusion du manteau.
5. Cadres géodynamiques compatibles
- Volcanisme intraplaque (îles océaniques, rifts)
- Systèmes à chambres peu profondes
- Régimes d’alimentation pulsés
6. Formulation “propre”
Les ankaramites peuvent être interprétées comme le produit de la vidange préférentielle de la partie basale d’une chambre magmatique basaltique, enrichie en cristaux cumulatiques d’olivine et de clinopyroxène, plutôt que comme le reflet direct d’un très fort taux de fusion partielle du manteau.