La sismique marine est une méthode géophysique utilisée pour imager les structures géologiques du sous-sol marin.
Elle permet d’identifier les couches sédimentaires et les pièges structuraux susceptibles de contenir du pétrole ou du gaz naturel.
Le principe repose sur la propagation d’ondes acoustiques dans le sous-sol.
Ces ondes sont générées en-dessous de la surface de l’eau, se réfléchissent ou se réfractent sur les interfaces géologiques, puis sont enregistrées par des capteurs (hydrophones).
Le traitement des signaux enregistrés permet de reconstruire une image en profondeur du sous-sol.
2. Les navires et l’équipement
a. Les bateaux sismiques
Les campagnes de sismique marine sont menées à l’aide de navires spécialisés appelés seismic vessels.
Ces bateaux sont conçus pour :
tracter des dispositifs de génération et d’enregistrement d’ondes ;
déployer plusieurs câbles (streamers) longs de plusieurs kilomètres ;
naviguer à vitesse constante (environ 5 nœuds) sur des lignes parfaitement rectilignes.
Exemples de sociétés exploitant ces navires :
CGG (Compagnie Générale de Géophysique), souvent appelée CGG Veritas après sa fusion avec Veritas DGC (États-Unis) ;
PGS (Petroleum Geo-Services, Norvège) ;
WesternGeco (filiale de Schlumberger) ;
TGS (Norvège).
Ces entreprises opèrent des flottes entières de navires sismiques, coûtant chacune plusieurs dizaines voire centaines de millions d’euros, avec des campagnes d’exploration mobilisant des capitaux colossaux (souvent plusieurs centaines de millions de dollars par zone prospectée).
3. Les dispositifs de mesure : streamers et flûtes
a. Les streamers
Les streamers sont de longs câbles flottants (jusqu’à 8–10 km) remorqués derrière le navire.
Ils contiennent :
des hydrophones à intervalles réguliers (capteurs de pression acoustique) ;
des gyroscopes et capteurs de position pour corriger les trajectoires et vibrations ;
des systèmes électroniques assurant l’alimentation et la transmission des données au navire.
b. Les flûtes
Les flûtes sont les petits flotteurs colorés visibles à la surface, qui permettent :
de maintenir le streamer à une profondeur constante (généralement 5–10 m) ;
de visualiser la position des câbles pour éviter les collisions ;
d’ajuster la tension et la géométrie du dispositif remorqué.
4. La source sismique : les canons à air (air guns)
La génération d’ondes sismiques en mer se fait à l’aide de canons à air comprimé (air guns).
Chaque canon libère une bulle d’air comprimé (2000–3000 psi) dans l’eau.
L’expansion brutale de cette bulle produit une onde de choc acoustique qui se propage dans la colonne d’eau et dans le sous-sol.
Les canons sont disposés en chapelets (arrays), espacés et calibrés pour optimiser la puissance du signal tout en réduisant le bruit et les interférences.
Cette méthode a remplacé les explosifs utilisés dans les premières campagnes sismiques marines, car elle est plus contrôlable, plus sûre et réutilisable.
5. Acquisition et traitement des données
1. Acquisition
Les signaux réfléchis par les interfaces géologiques sont captés par les hydrophones.
Chaque capteur enregistre le temps de parcours des ondes et leur amplitude.
2. Traitement
Les données brutes sont corrigées, filtrées, puis empilées pour améliorer le rapport signal/bruit.
Les ingénieurs géophysiciens appliquent ensuite une migration pour repositionner correctement les réflecteurs en profondeur.
3. Interprétation
Les images sismiques obtenues révèlent la stratigraphie, les failles, les anticlinaux et autres structures piégeant les hydrocarbures.
6. Enjeux économiques et industriels
Les campagnes sismiques offshore sont extrêmement coûteuses : de 50 à 300 millions d’euros selon la taille et la complexité du programme.
Ces opérations impliquent :
des équipes pluridisciplinaires (géologues, géophysiciens, ingénieurs marins) ;
des traitements informatiques massifs sur des serveurs haute performance (HPC) ;
une logistique maritime complexe (carburant, sécurité, maintenance).
Les grandes compagnies pétrolières (TotalEnergies, ExxonMobil, Shell, BP) sous-traitent souvent la phase d’acquisition sismique à des firmes spécialisées comme CGG, PGS ou WesternGeco.
7. Impacts et évolution technologique
Les canons à air ont un impact sonore sur la faune marine, notamment sur les cétacés sensibles aux basses fréquences.
Des protocoles environnementaux stricts encadrent désormais les campagnes sismiques (zones d’exclusion, ramp-up progressif).
L’évolution actuelle vise à :
réduire le bruit (sources plus propres, systèmes modulés) ;
améliorer la résolution 3D et 4D (suivi temporel des réservoirs) ;
automatiser la navigation et le traitement en temps réel.
8. En résumé
Élément
Description
Objectif
Cartographier les structures du sous-sol marin pour repérer les réservoirs pétroliers