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La suffosion

1. Définition

La suffosion est un phénomène géotechnique qui est le résultat d'une infiltration d'eau provoquant un lessivage interne de particules fines. Sont concernésles sols non plastiques, les matériaux meubles. Le phénomène est à l'origine de la formation de cavités, poches ou de vides internes. Ces vides peuvent provoquer l’affaissement progressif ou brutal de la surface, voire des effondrements locaux.

C’est un processus graduel mais parfois rapide, lié à l’action de l’eau, et souvent favorisé par des sols saturés ou faiblement cohésifs.

2. Mécanisme

La suffosion implique trois processus physiques successifs :

3. Facteurs favorisant la suffosion

Plusieurs paramètres contrôlent la vitesse et l’intensité de la suffosion :

4. Manifestations et conséquences

À noter : ces conduits souterrains créés par ces infiltrations et écoulements d'eaux souterraines peuvent évoluer de manière irrégulière et non prévisible. Cela peut s'obstruer partiellement ou totalement. Dans ce cas, l'eau peut s'accumuler en amont et créer une surcharge hydraulique à l'origine de phénomènes brutaux comme des glissements de terrain ou des coulées de boueuses.

Fontis de 2 mètre de longueur et d'un mètre de profondeur développé dans du loess en Alsace () Source: BRGM).

5. Exemples typiques

6. Méthodes d’investigation

7. Prévention et gestion

8. Étude de cas en Tunisie

La suffosion est un processus d’érosion interne qui se produit dans les sols meubles, riches en particules fines (limons, argiles, sables fins), lorsque l’eau qui circule à travers le matériau entraîne progressivement ces particules. Ce lessivage interne fragilise la structure du sol : les vides s’élargissent et la portance diminue.

Lorsque la suffosion progresse, des effondrements localisés se produisent en surface, donnant naissance à des entonnoirs ou petits cratères. Ces points d’effondrement concentrent ensuite l’infiltration et favorisent le développement d’un écoulement hypodermique, c’est-à-dire un écoulement d’eau souterrain proche de la surface.

Avec le temps, la répétition de ces phénomènes engendre une succession d’effondrements alignés, traduisant la structuration d’un réseau souterrain de conduits érosifs. Lorsque ces entonnoirs s’élargissent et se connectent, ils évoluent en réseau de ravines.

Dans les régions à climat semi-aride ou subaride, où la végétation est rare, et les pluies très rares, mais intenses, ces ravines s’amplifient et s’organisent en véritables paysages de badlands, caractérisés par des versants abrupts, disséqués et très sensibles à l’érosion hydrique.

Source: Amor Bkhairi

Figure 1

Figure 2

Figure 3

8. Résumé